Publié le 04 juillet 2012
Le sénateur de Charlottetown, Percy Downe, s’interroge sur l’empressement manifesté par le gouvernement pour expédier l’étude de l’Accord de libre-échange entre le Canada et la Jordanie (projet de loi C-23) la semaine dernière.
« Ce n’est pas une façon d’examiner sérieusement le projet de loi. J’ajouterais que ce n’est pas une façon de mener les travaux du Sénat », a déclaré le sénateur, au moment où le projet de loi était adopté par le Sénat, où les conservateurs sont majoritaires.
Bien que l’accord entre les deux pays ait été signé en 2009, le projet de loi a été présenté au Sénat il y a deux semaines seulement.
« Le projet de loi (et son prédécesseur, le projet de loi C-8 de 2010) a été devant la Chambre des communes pendant plus de 14 mois; le comité de la Chambre a tenu 12 réunions et entendu plus de 40 témoins. Le Sénat a tenu une seule réunion et n’a entendu que sept témoins », a indiqué le sénateur Downe, qui a demandé : « Sur quoi devons-nous nous fonder pour appuyer ce projet de loi si nous n’avons pas tenu les audiences voulues? »
Si tous conviennent que cet accord aura un effet économique minime pour le Canada, il reste que certains aspects du commerce avec la Jordanie inquiètent le sénateur. Des témoignages devant le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes ont révélé des détails troublants sur le traitement des travailleurs migrants, surtout des femmes, dans l’industrie du textile en Jordanie.
À cet égard, le témoignage du M. Charles Kernaghan, directeur du Institute for Global Labour and Human Rights, a été des plus troublants. Il a parlé de journées de travail de 14 heures, de deux jours de congé par mois dans le meilleur des cas et de taux de rémunération inférieurs aux misérables 75 cents de l’heure que représente le salaire minimum en Jordanie. Mais au-delà des longues journées de travail, du faible salaire et des dures conditions de travail, il y a les histoires de violence verbale, physique et sexuelle racontées par des femmes qui travaillent dans cette industrie.
« Qu’aurait recommandé le Sénat s’il avait entendu un témoignage semblable? Quelles nouvelles questions aurions-nous soulevées si nous avions examiné le projet de loi? Avons-nous laissé passer l’occasion d’améliorer la vie des travailleurs migrants tout en concluant un accord commercial? Ces questions restent sans réponse parce que le gouvernement Harper a forcé le Sénat à adopter le projet de loi à la hâte », a conclu le sénateur Downe.
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Discours prononcé en Chambre du Sénat le vendredi 29 juin 2012.
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Sans frais : 1-800-267-7362
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