Publié le 14 mai 2008
J’ai la ferme conviction que des pays tels que le Canada doivent agir pour protéger et mettre en vigueur les lois et les codes internationaux de comportement qu’ils ont ratifiés aux Nations Unies au fil des ans. Ces lois ont été conçues pour sauvegarder les droits de la personne, protéger les êtres humains pris au piège dans des guerres et des conflits et nous donner l’assurance que la primauté du droit est respectée.
Je crois fermement que le maintien illégal en prison et le jugement d’Omar Khadr – enfant-soldat âgé de 15 ans au moment de son arrestation en 2002 – sont contraires au Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, et concernant la participation des enfants aux conflits armés. Et notre consentement à son incarcération et à son jugement remettent en question la position du Canada, en tant que pays respectueux des droits de la personne et du droit international. Plus que jamais auparavant, les nouveaux défis mondiaux que nous affrontons au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001 imposent aux pays tels que le Canada de protéger et de respecter le droit international.
En toute franchise, je crois qu’on cherche à détourner l’attention du problème en cause pour engager un débat sur le vocabulaire que j’ai utilisé dans ma réponse à une question piège d’un député conservateur lors de mon témoignage devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes, qui m’avait demandé si j’assimilais les gouvernements du Canada et des États-Unis à Al-Qaïda sur le plan du terrorisme. Qu’il me suffise de dire que je n’avais nullement l’intention d’établir un parallèle entre les autorités canadiennes et américaines et l’organisation terroriste Al-Qaïda. Il n’en reste pas moins que, si nous violons le droit international sous prétexte de combattre le terrorisme, nous risquons de nous mettre collectivement au niveau de ceux contre lesquels nous luttons.
Je maintiens mon point de vue concernant le glissement vers l’incertitude et les risques que courent nos pays quand nous jouons avec les principes de base des droits de la personne et des lois et conventions internationales sous prétexte de protéger notre sécurité.
Plus nous permettrons à nos dirigeants politiques de s’écarter de ces mêmes règles, plus nous nous exposerons à des abus et à la perte de notre liberté et de nos droits individuels.
Pour moi, il est clair que le Canada ne peut se fonder sur aucun principe juridique pour justifier son inaction quand un citoyen canadien, notre tout premier enfant-soldat, est jugé pour crimes de guerre dans le cadre d’un processus illégal à Guantánamo.
À mesure que les faits entourant la détention d’Omar Khadr et ce processus illégal sont rendus publics, la situation comme les risques deviennent de plus en plus clairs. Les responsables des Nations Unies ont dit que ce procès établira un dangereux précédent qui mettra en danger l’avenir de milliers d’enfants que nous nous sommes engagés à protéger et à aider grâce à des stratégies de désarmement et de réintégration dans la société.