Publié le 01 décembre 2009
OTTAWA – Au moment où les Canadiens s’apprêtent à souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, les sénateurs libéraux en ont profité pour rappeler au gouvernement les conditions précaires dans lesquelles vivent beaucoup de femmes au Canada et ailleurs dans le monde, et les défis que nous avons à relever pour améliorer leur situation.
Le 6 décembre est la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes et souligne le vingtième anniversaire du massacre de l’École Polytechnique de Montréal, alors que 14 jeunes femmes ont été assassinées simplement parce qu’elles étaient des femmes.
Les sénateurs Callbeck, Carstairs, Dallaire, Dyck et Fraser ont demandé au gouvernement Harper de rendre compte de son manque de leadership pour ce qui est de réduire l’incidence de la violence contre les femmes au Canada, et de son absence du débat mondial sur la question. Le gouvernement Harper dit vouloir « lutter avec vigueur contre la criminalité », mais en réalité, il ne fait pas grand-chose pour prévenir les abus et la violence faite aux femmes.
La sénatrice Lillian Dyck a rappelé les terribles événements qui ont donné lieu à l’instauration de cette Journée nationale de commémoration : « L’anniversaire de cette sombre journée de notre histoire nous rappelle des faits troublants et tragiques. Il importe de savoir que les personnes exposées dans leur milieu à la violence pourraient l’accepter comme normale, puis réserver à d’autres un comportement semblable. Cette situation est inacceptable dans notre société. »
La sénatrice Sharon Carstairs a attiré l’attention sur la violence à l’endroit des femmes âgées et a pressé le gouvernement d’adopter une stratégie nationale pour les aidants naturels, qui permettrait d’offrir à ces personnes une formation adéquate et de prévoir des établissements pour les soins de relève afin de les aider, tout comme leurs proches. « Quand le gouvernement reconnaîtra-t-il qu’il lui incombe de définir une stratégie nationale sur les aidants naturels comme l’a recommandé le Comité sénatorial spécial sur le vieillissement? », a demandé la sénatrice Carstairs.
Le sénateur Roméo Dallaire a rappelé à ses collègues les terribles actes de violence perpétrés contre des femmes dans les régions du monde touchées par la guerre. Il a décrié les persécutions dont sont l’objet de plus en plus fréquemment les femmes victimes de crimes contre l’humanité. « En cette nouvelle période de conflits au sein de nations en implosion, le recours à deux nouvelles armes se répand rapidement : le viol comme arme de guerre et les enfants-soldats, dont 40 % sont des filles. Donner du pouvoir aux femmes et aux filles est le meilleur moyen de prévenir et de combattre les crimes contre l’humanité liés à l’inégalité entre les sexes », a indiqué le sénateur et général à la retraite Roméo Dallaire.
Le manque de vision du gouvernement Harper dans le débat mondial sur la violence faite aux femmes a été critiqué par la sénatrice Catherine Callbeck, qui a d’ailleurs noté l’absence du gouvernement des rencontres internationales sur la question. « Lorsque le G8 a tenu sa première conférence internationale sur la violence envers les femmes en septembre, le gouvernement du Canada n’y a envoyé aucun représentant, ministre, ambassadeur, ou autre. Nous étions le seul pays du G8 absent; c’est honteux », a indiqué la sénatrice.
Les sénateurs libéraux se sont réunis aujourd’hui pour rappeler au gouvernement fédéral qu’il doit sans tarder prendre des mesures, au pays et à l’étranger, pour mettre un terme à la violence à l’égard des femmes.
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