Publié le 19 février 2010
Le 18 février 2010 - Selon le sénateur Bill Rompkey, exclure les Inuits et les Premières nations des futures discussions sur la coopération dans l’Arctique prouve à quel point le gouvernement a gardé la même vieille mentalité colonialiste.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a invité des homologues de la Russie, des États-Unis, de la Norvège et du Danemark à une réunion le 29 mars à Chelsea, au Québec, et il a omis d’inviter des organismes autochtones.
« Cela revient à dire que les revendications territoriales n’ont aucune signification; que l’autonomie gouvernementale n’a aucune signification; que l’occupation de l’Arctique pendant des milliers d’années n’a aucune signification, accuse Rompkey. Que des paroles en l’air! À vrai dire, le gouvernement n’a jamais eu l’intention de respecter les droits des Autochtones dans l’Arctique. »
Rompkey exhorte le ministre Cannon à inviter des représentants autochtones à participer à la réunion, comme le recommandent la Conférence circumpolaire inuite et l’Arctic Athabaskan Council.
Aucune décision importante ne sera prise dans l’Arctique, poursuit Rompkey, sans l’implication et la coopération directes des Inuits et des Premières nations. L’histoire récente le prouve clairement, du delta du Mackenzie à la mer du Labrador.
« Le projet de Voisey’s Bay au Labrador n’aurait pas pu voir le jour sans le consentement et l’engagement directs des Inuits; même chose pour le cours inférieur du fleuve Churchill, précise Rompkey. De tels exemples abondent partout dans le Nord. Allô! Les lumières sont-elles allumées aux Affaires étrangères? Quelqu’un est-il à l’écoute? »
Le sénateur se demande comment le gouvernement peut inviter des nations étrangères à formuler la future politique sur l’Arctique et ne pas inviter les personnes auxquelles appartiennent le territoire et les cours d’eau dont il est question. Il rappelle que cela aurait pu passer il y a 20 ans, mais que ça ne passera pas en 2010; maintenant, les Inuits ont le droit et l’histoire de leur côté.
« Heureusement, les peuples autochtones du Nord sont Canadiens. Ils doivent être à la table des négociations quand l’avenir de leur territoire et de notre territoire est en cause. »
Le gouvernement semble bouder le Conseil de l’Arctique, lequel inclut des organismes autochtones, ainsi que les États arctiques, déclare Rompkey. Il a également aboli le poste d’ambassadeur du Canada aux Affaires circumpolaires, un poste qui devrait être rétabli.